Quand j’arrive à la piscine, il faut être clair, je n’ai JAMAIS envie d’y aller. Quelle idée de quitter un canapé confortable pour aller se jeter dans de l’eau
froide…
Il y a tout un cérémonial : dire bonjour aux copains/copines (quand on fait la même
activité depuis 12 ans ça prend du temps lol), mettre la gourde près du plot (je bois beaucoup car je suis sujette aux crampes), enfiler mon bonnet, les lunettes (comme dit mon mari : dans
cette tenue on ne risque pas te voler MDR).
Et se préparer à plonger. Grand plaisir teinté d’une pointe désagréable.
J’adore sentir les muscles de mes cuisses se tendre pour plonger, me retrouver dans
l’eau, libérée de toute pesanteur, faire quelques ondulations sous l’eau… Sentir la caresse du liquide sur mon dos, mon ventre, mes jambes…Mais bon sang ce que l’eau est froide…
Là, en général je fais 100 m (4 bassins) en crawl. L’eau est encore froide mais je
commence à sentir mes muscles se détendre. Mes articulations se dérouillent, s’assouplissent.
Ensuite on fait des « séries » pendant lesquelles on force
davantage.
L’eau est devenue délicieusement rafraîchissante. Le rythme respiratoire a augmenté.
Quand on nage, on est délivré de l’apesanteur, on a l’impression d’être ailleurs, très très loin. La plupart du temps on a la tête sous l’eau. Les bruits arrivent assourdis. Avec la buée sur les
lunettes, on ne voit pas ce qui se passe autour. On ne voit nettement que le fond du bassin. Un monde silencieux, vide où les mouvements sont ralentis.
Je n’entends plus, je ne vois plus.
La seule que chose que je peux ressentir, c’est mon propre corps, la caresse de l’eau sur
mes mains, mes bras quand ils la pénètrent, sur mes hanches, ma poitrine, mon visage.
Mes muscles. Tous mes muscles qui entrent en action, qui forcent, qui sont vivants. Qui
clament leur existence, leur envie d’être vivants. Ils me font mal mais me disent « plus vite, encore vite, je peux faire mieux encore, je peux aller plus loin ».Je sens les muscles de
mes cuisses, de mon dos, de mes bras, de mes mains, de mon ventre… Je sens des muscles qui ne peuvent s’exprimer que quand je nage, qui ont tellement de plaisir à exister.
Les derniers mètres j’adore les faire à fond, pour tout donner, pour aller au bout de mes
forces. C’est un plaisir vraiment intense.
La sortie du bassin : retrouver la pesanteur, avoir du mal à monter à l’échelle. Me
sentir détendue, une immense fatigue physique et un bien-être incomparable. A ce moment-là je les porte mes lunettes roses.
La douche bien chaude en papotant avec les copines. Le plaisir d’avoir réussi, cette fois
encore, à aller au bout. L’eau chaude qui coule dans mon dos … mmmh
Vous
n’allez pas le croire mais ces soirs-là, en rentrant de la piscine, je me sens belle. Malgré la marque du bonnet, celle des lunettes, je me sens belle. Et forte. J’ai confiance en moi. C’est le
seul moment où je le ressens comme ça. Et ça aussi c’est bien agréable…
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