Mercredi 5 septembre 2007
Quand je serai une vieille dame, une très très vieille dame
Je serai toute ridée
Ma peau sera aussi fine qu'un parchemin
Transparente
Mes cheveux seront d'un blanc étincelants
Je les porterai attachés en chignon souple
Mes yeux auront encore éclairci
Je serai menue
Transparente
Je ne sais pas où
j'habiterai
J'espère près de mes enfants
De mes amis
J'aurai perdu tellement d'êtres chers
Mais je continuerai à les faire vivre
En pensant à eux chaque jour
En parlant d'eux chaque jour
Je considèrerai chaque matin comme un cadeau
Je m'endormirai chaque nuit en songeant qu'elle pourrait être la dernière
Mais je
n'aurai pas peur
J'aurai bien vécu
J'aurai l'esprit en paix
Quand je serai une vieille
dame
Je serai fière de ma vie
je regarderai mes enfants, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants
Et je me
dirai
Voilà
On a bien travaillé
Quand je serai une vieille dame
Le monde me semblera trop rapide
Etranger
J'aimerai me rappeler ces instants où nous avons ri ensemble
Pleuré ensemble
Je me
réfugierai de plus en plus dans mes souvenirs, dans mes rêves
Je penserai à toi
De plus en plus souvent
Je
m'éloignerai
Tout doucement de la vie
Et un jour l'envie de te rejoindre sera trop vive
Je m'endormirai
Je te rejoindrai
Je
serai une très très vieille dame.

Dimanche 2 septembre 2007

Petite femme
Grandie trop vite
Tu es belle
Tu es si belle
L’enfant s’est effacée
La femme apparaît
Dans ce corps si beau
Si neuf
Il est à toi ce corps
Regarde-le
Apprends à le découvrir
A l’aimer
N’aie pas peur petite femme
Le monde s’ouvre à toi
Il te semble bien effrayant
Mais il ne fait que te tendre les bras
Pour t’accueillir
Prends ton temps
Petite femme
Ton enfance est encore là
A portée de ta main
Blottis-toi à l’intérieur quelques instants
Ferme les yeux
Repose-toi
Et quand tu décideras de la quitter
N’oublie pas
D’en cacher un morceau dans ton coeur
Tu n’es pas seule
Petite femme
Nous sommes là
Tes mères, tes sœurs, tes amies
Nous avons suivi cette route
Nous avons ressenti cette peur,
Cette solitude,
Ces doutes
Attrape nos mains
Viens nous rejoindre
Nous les tisseuses de vie
Nous te donnerons notre force,
Notre confiance
Nos espoirs
Souris petite femme
Tu es belle
Tu es aimée
Tu es la vie
La vie a besoin de toi petite femme.
Je l'avais écrit il y a un petit moment et comme les autres textes, je le remets ici parce que je l'aime bien.
Tout simplement.
Je t’aperçois qui me cherche
Je cours vers toi
Cette peur, cette impatience mélangés
Stop
Tes yeux, ta bouche, tes mains
Faire durer cet instant
Nos âmes se cherchent dans nos yeux
Tes larmes
Ma main sur ta joue
Ne pleure pas mon cœur,
Tes bras qui m’enlacent
Je sais ce qui va suivre
J’en ai peur
Que mon cœur explose
Retarder cet instant pour mieux en retarder la fin
Je crains déjà le moment où je te quitterai
Des petits baisers sur ton front
Tes joues
Ton menton
Je recule mon visage et te regarde
Fixer cet instant
Le bruit de la gare
Ton parfum, l’odeur de ta peau
Le contact de tes bras
Tes lèvres si douces
Nos lèvres se frôlent se caressent
Je n’y tiens plus

Le bout de ma langue caresse tes lèvres
Pénètre ta bouche
Nos langues se frôlent, se cherchent, se caressent
Ma tête tourne
Mon corps s’abandonne
Tes bras se font plus forts
Tes mains glissent le long de mon dos
De mes hanches
Ton bassin se presse contre le mien
Tes mains si fortes
Si douces avec moi
Je ne suis plus que désir.
Ce baiser que tu m’avais promis
Ce baiser que tu ne m’as jamais donné
Il n’est pas juste que ce soit mon plus beau baiser
Les autres ont le mérite d’avoir existé
Ils ne peuvent pas lutter contre un rêve
Ce n’est pas juste pour moi qui ne peux pas l’oublier
Il est gravé à jamais dans mon corps, mon âme, mon cœur.
Dans la série des anges, un petit texte (auteur inconnu) que m'a donné ma fille (la grande).
Un jour avant sa naissance, le bébé se dit :
Je ne sais pas ce que je dois faire dans ce monde !
Une douce voix lui répond :
Je t'envoie un ange qui sera à tes côtés
Mais je ne connais pas sa langue dit le bébé
La douce voix répond
L'ange te l'apprendra et il te protègera du mal
Mais comment s'appelle mon Ange dit le bébé ?
Son nom est sans importance mais toi tu l'appelleras :

Maman
Je continue de ressortir mes vieux textes, les préférés.
Quand un ange vous prend la main, il ne la lâche pas
Quand un ange vous donne son amour, il ne le reprends pas
Et
Le jour venu
Les distances, le temps, les convenances seront abolis
Vous sentirez la force de sa main grandir dans la votre
Elle vous emmènera
Vous guidera
Aux Portes du Paradis
L’amour dont il vous entoure vous servira de caution
Pas pour dissimuler vos péchés
Oh non !
Son amour pur montrera que vous avez mérité le pardon
Il sera le signe de votre rédemption
Et au moment de franchir le seuil
Il vous donnera un unique baiser
Si doux, si pur, si intense
Le baiser d’un ange
Avant de vous laisser entrer dans ce lieu
Où il n’y a ni peurs, ni souffrances,
Où votre âme pourra se reposer
Enfin
Un ange ne demande pas d’être aimé
Un ange ne demande pas d’être remercié
Tout ce que vous lui donnerez sera une offrande
Qu’il reversera à ceux qui en ont besoin.
Tout ce que vous demande un ange, c’est d’accepter son
amour.
Une petite boule
Une vilaine petite boule
Bouleversante petite boule
Petite boule qui habite mon corps
Qui profite
S'épanouit
Se nourrit à mon sein
Petit vampire
Qu'ai-je donc fait de si cruel
Pour entendre ces gros mots?
Protocole, chimio, métastase
Petite boule d'amour
Petite boule qui m'aime trop
Toi et moi
Désormais
C'est à la vie à la mort.
Pas de panique, ce n'est pas de moi dont je parle..
Un baiser au coin des lèvres
Un rire éclaboussant de soleil
Des yeux où se réfugie tout l’amour du monde
Des bras qui donnent sans demander
L’odeur de ses cheveux, de son cou
La serrer dans mes bras
Fort, si fort, pas assez fort
Garder une trace de cet instant
Que j’oublierai comme tous les autres
Ma petite fille,
Mon ange,
Mon morceau de bonheur
Qu’ai-je fait de si beau
Pour mériter de t’avoir dans ma vie ?
Ses larmes d’émotion
Sa bouche qui tremble
Quand elle me dit
« Maman je t’aime ».
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